Mgr François-Xavier Brunet

        Fondateur 1921

a) Naissance et jeunesse

François-Xavier Brunet voit le jour à Saint-André d'Argenteuil le 27 novembre 1868.  Son père,François Brunet et Léocadie Joly, sa mère, vivent dans un milieu ouvrier.  Comme tout parent chrétien de l'époque, ils s'empressent de faire baptiser leur petit dès le 29.  Ils ne se doutent pas alors que cet enfant deviendra évêque un jour.  Le garçonnet est à peine âgé de cinq ans, lorque la famille quitte le paisible village d'Argenteuil pour s'installer dans la ville d'Ottawa.

 b)Étude                                               

Très jeune, il connaît la pauvreté:
"Quand il était jeune, que de difficultés pour se faire instruire.  Son père lui dit un jour: "Nous ne sommes pas assez riches pour payer tes études."  Quelle souffrance pour un enfant qui sent l'appel de Dieu et qui voit partout des obstacles infranchissables et des portes fermées parce que le père n'a pas d'argent.  Oh! quelle souffrance!  ça été une de ses croix d'enfant".

François-Xavier fait ses études primaires chez les Frères des Écoles Chrétiennes.  À quatorze ans, au collège Saint-Joseph d'Ottawa il va décrocher le diplôme commercial, y poursuit ses études classiques et obtient le titre de Bachelier ès arts.  

Note intéressante: il est le premier élève à graduer après que le collège d'Ottawa eut reçu sa charte lui donnant le titre d'Université catholique.  Ses professeurs ont sûrement découvert en cet étudiant des aptitudes favorables et un talent privilégié pour les études.

À vingt-deux ans, soit à l'automne de 1890, il entre au Grand Séminaire d'Ottawa où il est tonsuré en 1891, reçoit les Ordres mineurs en 1892, puis le diaconat est promu en juin 1893.

Le 23 septembre de la même année, il est ordonné prêtre par Mgr Georges Duhamel.  

Homme de foi, il accueille volontiers, les différentes tâches ecclésiales que son évêque lui propose.

Vicaire à la cathédrale, à Masson, à Thurso et à Aylmer.

En mai 1895, il est nommé curé de Mayo, non loin de Buckingham, où il bâtit une église et y fonde, en 1897, la Mission de Notre-Dame-des-Lumières.

En 1900, il est nommé curé de Brook qui deviendra Bourget.

En 1904, il est appelé au poste de secrétaire privé à l'archevêché d'Ottawa, fonction qu'il remplira pendant neuf ans.

 

d) Fondation d'un nouveau diocèse

Le Pape Pie X vient de créer un nouveau diocèse, formé de la partie Nord de l'archidiocèse d'Ottawa.  Le siège épiscopal est situé dans la petite ville de Mont-Laurier, au centre des Laurentides. À sa grande surprise, le 6 août 1913 Mgr François-Xavier Brunet est nommé premier évêque de Mont-Laurier. Ce choix du Saint-Siège a comblé de joie tous ceux qui connaissent le dévouement, la piété, le zèle du nouvel évêque. Ottawa perdra, il est vrai, un saint prêtre, mais ses amis voient avec plaisir ses mérites reconnus et son dévouement récompensé.  Après sa nomination, tous ses professeurs n'avaient qu'une voix pour proclamer la piété et l'application à l'étude du nouvel élu, aussi longtemps qu'ils l'ont connu à l'Université.

L'ordination épiscopale a lieu dans la basilique d'Ottawa le 28 octobre suivant par Mgr G.H. Gauthier.  

 

Mgr François-Xavier Brunet

1er évêque de Mont-Laurier, 1913

                        Devise

"Ô Croix, mon unique espérance"

e) Traits de personnalité

Mgr Brunet est doté d'un esprit observateur, servi par un jugement solide et une remarquable facilité de parole.  Il aime saisir les choses par le côté qui rapproche plutôt que par celui qui divise.  A cela s'ajoute sa bonté et sa douceur conquérantes, sa simplicité, son inlassable charité, son inaltérable patience et son dévouement sans borne.  Sa foi profonde et son esprit de prière sont reconnus.

f) Vie de prière

Un de ses intimes Mgr Robert Jutras, dira: " Tous les soirs il passe une heure d'adoration devant
le Saint-Sacrement dans le secret de sa chapelle privée."  Il possède les qualités de coeur et les talents qui font les grandes oeuvres.  Sa devise:
Ô Croix, mon unique espérance, qui résume bien sa pensée profonde et la source de toute son action, peut aussi nous éclairer sur sa dévotion à la Croix, à l'abandon, à la confiance en Dieu.  Et cette devise passait dans toute sa vie.  

Sa dévotion filiale envers la Sainte Vierge occupe une place importante dans sa vie de pasteur.  Quotidiennement il récite le rosaire.  Tous ses voeux, ses projets, il les met entre les mains de Marie.
Aussi, il place son diocèse sous la protection de la Vierge Marie "Sub tuum preasidium".  

Il lui confie chacune des nouvelles paroisses auxquelles il donne un vocable marial.  Enfin, pour répondre aux besoins de son diocèse, il fonde une communauté religieuse mariale sous le nom des Soeurs de Notre-Dame de Mont-Laurier.

g) Ses réalisations pastorales

Évêque pionnier et fondateur, Mgr Brunet réalise une tâche incroyable en huit ans:  fonde quatorze nouvelles paroisses, fait construire sa maison épiscopale, le séminaire, la cathédrale... et plusieurs écoles primaires dans des paroisses de campagne.  De plus, il fonde, le 19 mars 1921, la Congrégationdes Soeurs de Notre-Dame-de Mont-Laurier

h) Maladie et décès

Sa santé est fragile, mais il est déterminé à travailler de toutes ses forces pour perfectionner et compléter l'oeuvre commencée par ses prédécesseurs,  "Il se tuera à la tâche en peu d'années", dira son médecin, en 1914.  Malgré son jeune âge, il est terrassé par la maladie la veille de Noël 1921.  Après un bref séjour à l'Hôtel-Dieu de Montréal, il entre dans la Vie éternelle le 7 janvier 1922.  Ses obsèques sont célébrées le 11 janvier 1922, à la cathédrale de Mont-Laurier.  

Mgr Joseph Hallé prononce l'Oraison funèbre dont le thème est puisé au Livre de la Sagesse:

"Ayant vécu relativement peu d'années, il a fourni une longue carrière, parce que son âme était agréable à Dieu".  Il est inhumé sous le choeur de sa cathédrale.

i) Témoignages des religieuses de Mont-Laurier

Mgr Brunet était comme un rayon de soleil lorsqu'il passait parmi nous.  Sa bonté et son accueil étaient remarquables.  Il avait un regard bon et pénétrant.  Attentif aux autres, il bénissait notre travail,  encourageait et taquinait quand il passait.  Son amour des enfants laisse à une jeune soeur ce souvenir touchant.  "J'avais douze ans quand Mgr Brunet faisait sa visite à Kiamika; j'allais aider la ménagère et elle me fit servir le déjeuner de Mgr Brunet.  Lui, me fit asseoir sur le bras de sa chaise pour causer avec moi durant son déjeuner, ensuite il me donna un chapelet pour moi et ma soeur, chapelet bénit par Benoît XV."

Il était avec Dieu comme un enfant et il nous voulait des femmes de Dieu.  Mgr disait lorsqu'il nous parlait de la prière; "Lorsque vous priez, il vous faut être simples avec le bon Dieu".

Toujours paternel, il s'intéressait à chacune des premières religieuses et les visitait au séminaire où elles travaillaient, s'asseyait à l'écart et les observait dans leur travail.

Sa charité était exquise et sans bornes: ce qui le rendait  proche de ses prêtres.  De plus,il les soutenait dans leurs difficultés  et chacun le considérait comme un père.

 

c) Accession aux ordre et diverses nomination

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